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Intelligence artificielle : comment les RH peuvent accompagner l’adoption

Par
Pollen logo Pollen
Publié le
17/03/2026
Temps de lecture
5min

L’intelligence artificielle transforme profondément les organisations, mais son adoption par les équipes reste encore un défi pour de nombreuses entreprises. Car si les outils sont désormais accessibles, le véritable enjeu est ailleurs : comment embarquer durablement les collaborateurs et créer de la valeur avec l’IA au quotidien ?

C’est la problématique qu’a abordée Isabelle Bénard, ex CPO chez Mirakl et trainer chez Pollen, lors d’une rencontre du dernier Club RH de Raise Sherpas, en partageant un retour d’expérience sur la manière d’accompagner les équipes dans cette transformation.

Déployer l’IA progressivement pour favoriser l’adoption

L’un des enseignements majeurs de cette intervention est qu’une adoption réussie de l’IA repose sur un déploiement progressif. Trop d’entreprises cherchent à aller trop vite, en voulant structurer immédiatement des usages avancés sans avoir laissé le temps aux équipes de s’approprier les outils.

Dans un premier temps, il s’agit avant tout de susciter la curiosité. Donner accès aux outils, laisser les collaborateurs tester librement, explorer, comprendre ce que l’IA peut — et ne peut pas — faire. Cette phase est essentielle : elle permet de démystifier la technologie et de créer les premiers réflexes d’usage.

Vient ensuite le temps de la structuration. L’entreprise doit proposer un cadre plus sécurisé, avec des outils intégrés à l’environnement de travail et des règles claires sur les questions de confidentialité et de gouvernance des données. On passe alors d’un usage individuel à un usage collectif.

Enfin, l’IA devient un véritable levier de performance lorsque son usage est explicitement attendu : intégration dans les objectifs, formations métiers concrètes, cas d’usage alignés avec les priorités business. À ce stade, l’IA n’est plus une option — elle fait partie du quotidien professionnel.

Lever les freins pour favoriser l’adoption

Mais déployer des outils ne suffit pas. L’adoption de l’IA est avant tout un sujet humain. Les résistances sont nombreuses et souvent légitimes : peur de perdre son emploi, doute sur la fiabilité des résultats, ou encore sentiment de ne pas être à la hauteur.

Pour dépasser ces freins, il est essentiel de poser un cadre clair dès le départ. Rappeler que l’IA ne produit pas des vérités, mais des probabilités. Insister sur le rôle indispensable de la supervision humaine. Et surtout, intégrer ces sujets dans les formations, notamment à travers des modules dédiés aux biais et aux limites des modèles.

Ce travail de pédagogie permet de transformer la méfiance en compréhension, puis en usage éclairé.

Le rôle clé des managers dans la transformation

Un autre point clé ressort fortement : l’adoption de l’IA ne peut pas reposer uniquement sur des initiatives individuelles. Elle doit être portée par le management.

Les managers jouent un rôle central, à la fois comme relais de la stratégie et comme facilitateurs du quotidien. Encore faut-il qu’ils soient eux-mêmes formés et à l’aise avec ces outils. Lorsqu’ils comprennent concrètement ce que l’IA peut leur apporter, ils sont beaucoup plus enclins à en parler avec leurs équipes, à encourager les expérimentations et à débloquer du temps pour se former.

En parallèle, certaines organisations vont plus loin en structurant des réseaux d’“AI Champions”. Ces ambassadeurs, présents dans différents métiers, jouent un rôle d’accélérateur. Ils partagent des cas d’usage, diffusent des bonnes pratiques et contribuent à faire remonter les besoins du terrain. Leur impact est souvent déterminant pour ancrer l’IA dans les usages réels.

Développer les compétences qui font la différence

L’arrivée de l’IA ne fait pas disparaître les compétences — elle les redéfinit. Ce qui devient essentiel, ce n’est pas seulement de savoir utiliser un outil, mais de savoir bien l’utiliser.

Cela passe d’abord par la capacité à poser les bonnes questions. Le prompting, ou plus largement le “problem framing”, devient une compétence centrale. À cela s’ajoute l’esprit critique : savoir analyser une réponse, vérifier sa cohérence, identifier ses limites.

Les collaborateurs doivent également apprendre à découper leurs tâches pour identifier ce qui peut être automatisé, et ce qui doit rester humain. Enfin, la créativité prend une place croissante : c’est elle qui permet de sortir de la simple reproduction et de créer un véritable avantage.

Mieux cibler les cas d’usage pour éviter l’effet gadget

L’un des pièges fréquents dans l’adoption de l’IA est de vouloir en mettre partout. Or, toutes les initiatives ne se valent pas.

Les projets les plus efficaces sont souvent les plus simples : des cas d’usage bien identifiés, avec un impact direct sur le quotidien des équipes. Il peut s’agir de tâches répétitives, de production de contenu ou encore d’aide à la décision.

L’approche recommandée est celle du test-and-learn. Commencer petit, valider rapidement la valeur, puis passer à l’échelle. Inutile de viser la perfection dès le départ : un outil qui couvre 80 % du besoin peut déjà générer des gains significatifs.

Cette logique permet de concentrer les efforts sur ce qui compte vraiment : la valeur business.

Mesurer l’impact réel de l’IA

Beaucoup d’entreprises mesurent encore l’adoption de l’IA à travers des indicateurs superficiels, comme le nombre de licences ou le volume de formations suivies. Mais ces données ne disent rien de l’usage réel.

Ce qui compte, c’est de comprendre si les outils sont effectivement utilisés, et surtout s’ils apportent un bénéfice tangible. Le temps gagné, la qualité des décisions, l’amélioration de certains processus ou encore l’engagement des équipes sont des indicateurs beaucoup plus révélateurs.

Une question simple peut d’ailleurs servir de test : si l’on retirait l’outil demain, combien de collaborateurs en ressentiraient un véritable manque ?

L’IA, un enjeu d’attractivité et de responsabilité

Enfin, l’IA devient progressivement un facteur d’attractivité pour les talents. Les candidats s’intéressent de plus en plus aux outils mis à leur disposition et aux opportunités d’apprentissage offertes par l’entreprise.

Mais cette transformation s’accompagne aussi de nouvelles responsabilités. L’impact environnemental de l’IA, notamment pour certains usages comme la génération d’images ou de vidéos, est de plus en plus discuté. Certaines entreprises commencent à sensibiliser leurs collaborateurs à ces enjeux, voire à mesurer leur empreinte.

L’objectif est de construire une adoption à la fois performante et responsable.

Conclusion

Ce retour d’expérience partagé lors du club RH de Raise Sherpas met en lumière une réalité simple : l’IA n’est pas qu’un sujet technologique, c’est aussi un sujet d’adoption.

Les entreprises qui réussiront ne seront pas forcément celles qui auront les meilleurs outils, mais celles qui sauront embarquer leurs équipes, structurer les usages et aligner l’IA avec leurs objectifs business.

Autrement dit, celles qui feront de l’IA non pas un projet, mais une compétence collective.

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