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Alex Dayon ex Président de Salesforce : les secrets business du “GOAT to market”.

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Publié le
13/11/2024
Temps de lecture
5min

Le parcours et les apprentissages clefs du “français le plus influent de la tech US”

Alex Dayon décrit par Marc Benioff comme le "symbole du génie français", bâtit sa carrière autour de trois succès majeurs dans la tech.

Cofondateur de BusinessObjects en 1990, il participe à sa vente à SAP. Il crée ensuite InStranet, startup spécialisée dans la gestion de connaissances pour centres d'appels et première française côtée au NASDAQ, qu’il vendra à Salesforce pour 31,5 millions de dollars.

Cette période marquera sa rencontre avec Marc Benioff, et un tournant dans sa carrière. Il rejoint Salesforce et y vit la phase de scale (passage de 800M de CA à 38Mds de CA - iso L’Oréal 41Mds) l’une des plus belles success stories de ces 20 dernières années.

Chez Salesforce, Alex Dayon dirige le produit pendant plus de 10 ans. Il permet à l’entreprise de passer d’une stratégie mono-produit à multiproduit, et participe à la croissance du chiffre d'affaires de 1 à 15 milliards de dollars. Devenu par la suite Président et conseiller du CEO Marc Benioff, il développe une stratégie commerciale reconnue mondialement.

Son expertise unique combine vision produit, stratégie Go-to-Market et culture d'entreprise, trois piliers qui ont fait de Salesforce un leader incontesté du CRM. Retour sur les succès Go-To-Market de la plus grande entreprise de cloud computing.

Les 3 ingrédients phares de la réussite de Salesforce

  1. L’innovation. La remise en cause du statut quo et l’idée de ne jamais segmenter cerveaux gauches et droits est typique de la culture Salesforce. “Benioff aimait casser des murs et voir ce qu’il y avait derrière.
  2. L’importance des valeurs et de l’engagement sociétal dans le business: Salesforce est la première entreprise à adopter le modèle One-One-One copié par Google et d’autres géants de la Silicon Valley. (1% des capitaux / 1% du temps de travail / 1% des profits dédiés aux organisations caritatives)
  3. La force de la marque, et la capacité à créer des communautés, un signal fort d’attachement, d’engagement et de reconnaissance.

Aligner business plan et organisation : l’importance de la clarté

La V2MOM : le framework utilisé par Salesforce pour aligner ses valeurs avec la stratégie de l’entreprise et le management. Pour Alex Dayon, il est un formidable moyen de clarté et incarne la secret sauce de Salesforce.

Réussir son Go To Market B2B : la secret sauce Salesforce

Passer du mono-produit au multiproduit :

Lorsqu’il arrive chez Salesforce, Marc Benioff confie à Alex Dayon la mission d’ouvrir des “couloirs de nage”, c’est à dire de nouveaux produits capables de permettre à l’entreprise de scaler.

« N’importe quel vendeur peut vendre n’importe quel produit, l’erreur fondamentale est d’avoir besoin de sa propre sales force. Il faut que le canal existant puisse le vendre.”

Intégrer ses nouveaux produits dans les forces de ventes existantes :

Le passage d’une stratégie mono à multi-produit livre un enseignement majeur à Alex Dayon : ne jamais se laisser piéger par l’envie d’avoir sa propre force de vente autonome. La force produit doit s’appliquer à tout l’écosystème produit et s’inscrire dans une vision globale proche des valeurs de l’entreprise. Les nouveaux produits développés doivent donc activer les mêmes canaux et les mêmes forces de vente.

Alex Dayon insiste encore sur la simplicité comme facteur clef de développement d’un produit, notamment lors du lancement. Le produit doit toujours être client centric et simplifié. Chez Salesforce, il est par incarné par la “clock”, un lien visuel fort, intuitif, qui place le client au coeur de l’écosystème et met en évidence les 12 produits de l’écosystème Salesforce.

Les tips de Salesforce pour cracker le marché US :

  1. Identifier son sweet spot. En particulier, le marché américain est souvent prêt à payer pour du software, car il est convaincu que de nombreuses problématiques peuvent se régler par la technologie.
  2. Identifier son industrie. Qui sont mes 200 clients initiaux ? Le marché américain est vaste. Il est important de se concentrer sur une industrie spécifique avant le lancement.
  3. Simplifier son produit au maximum. Le packaging produit doit être simple, ultra compréhensible et répondre à un pain marketing clair.

Pourquoi le marketing est clef et trop souvent complexifié ?

Taylor a ses Swifties, Salesforce a ses Trailblazers. L’objectif numéro d’un bon marketing est de créer des communautés : une source inestimable de valeur qui permet de créer de l’engagement, de l’émotion et du mouvement selon Alex Dayon.

“Il est essentiel de comprendre quelles sont les valeurs de vos clients, et comment les aligner avec votre entreprise. Qu’est ce que je veux incarner dans mon environnement ? Qu’est ce que je veux évoquer dans l’esprit de mes clients ? Il est important d’interroger les clients sur la marque pour avoir le même système de valeur.”

“Keep it simple”, ou l’obsession de la simplification :

Loin des compétences souvent très analytiques, les américains maîtrisent à la perfection l’art du storytelling et de la narration.

L’offre, l’architecture marketing ou encore l’USP de l’entreprise doivent être résumées en une slide. Cette obsession de la simplification infuse la marketing de Salesforce mais aussi le produit et la stratégie business.

La force du storytelling :

Lorsqu’Alex Dayon et Salesforce lancent le cloud Salesforce en 2008, l’idée nait d’un pain marketing clair. Elle est développée autour d’un narratif puissant :

“Vos clients sont dans le cloud, ils se plaignent sur Twitter, et vous, vous attendez qu’ils vous appèlent sur votre téléphone.”

À l’époque, la force de Salesforce réside dans le cloud. La fonctionnalité n’est pas forcément pertinente pour les entreprises, mais elle l’est pour les clients. Dans ce sens, Salesforce utilise le storytelling pour construire, avec le cloud, une nouvelle réalité client.

Le Match Europe vs USA

Depuis le départ d’Alex Dayon de France, il y a plus de 15 ans, on observe un décrochage de la France en termes de poids économiques (France : $1300Mds en 2000 à 2800Mds en 2023 // USA : 10 000Mds à 27 000Mds) mais un écosystème tech qui s’est considérablement développé dans le même temps (25k startups, 1M emplois).

  • Le financement accordé aux start-up et scale ups européennes et en particulier la différence de fonds disponibles notamment dans la Silicon Valley.
  • Les talents et l’expérience : au delà de l’aspect tech et des nombreux profils ingénieurs présents en Europe, il manque de nombreux talents business. Peu d’entreprises sont devenues des écoles pour d’autres contrairement à ce qu’on peut observer dans la Silicon Valley depuis 40 ans.
  • La taille du pays et la diversité du marché, avec des industries spécifiques localisées d’une région à l’autre (Silicon Valley, New York, etc) qui permettent d’amorcer et de cibler efficacement le lancement d’un nouveau produit.
  • La diversité culturelle, notamment dans la Silicon Valley.
  • Une culture de l’échec très ancrée dans l’univers entrepreuneurial américain. En témoigne les expériences de Musk, assure Alex Dayon : “Il envoie une fusée, elle explose et il s’en réjoui, car il considère qu’il a appris beaucoup de choses !
  • Une culture de la hiérarchie encore très présente en Europe, et notamment en France. « Chez Salesforce, l’objectif c’est de faire du business. En France, c’est d’avoir le job au desssus. »
  • Un défi évident pour l’Europe :

    Selon Alex Dayon, l’Europe a les talents et le potentiel mais elle doit relever le défi d’investissements ambitieux si elle ne souhaite pas être largement distancée par les acteurs forts que sont les États-Unis et la Chine. Le plan Draghi, essentiel selon lui, va notamment dans le sens d’investissements ambitieux dans les infrastructures et l’écosystème Tech européen.

    Bibliographie et ressources utile :

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